L'automne

En robe de satin violet il affiche des rêves d'été
Baguette magique, le vent transporte ses paillettes, 
En fée l'automne colore la forêt de rouges étoilés
Et l'été endormi a rangé tambours et trompettes. 

Jauni, un tapis moelleux de feuilles glisse sous mes pas
Originales ses notes dorées, impalpables s'envolent.
Les belles, voilées de brumes blanchies, jouent les verglas
Et les amants qui passent sur elles batifolent.

Dans les arbres frileux se cache, habile, l'écureuil
Rondes, ses joues se remplissent de noisettes,
Son panache de feu court agile de pierres en seuil
Et ses nuits d'hiver blanc seront celles des poètes.

Joueur infatigable le soleil déverse ses lumières
Remplies de miel dans le seau des quatre saisons.
Et l'amour ainsi récolté servira de prières 
A égrener tendrement dans le soir des maisons.

Nus et timides les troncs d'arbres je caresserai
Des couleurs camaïeux je ferai mon arc-en-ciel
Et demain j'irai seule adorer les sèves envolées
Pour qu'au printemps têtu elles me fassent plus belle...